J'ai compris, mais plus tard...
Fiche d'expérience

Création d’un pôle des solidarités

Création d'un pôle des solidarités

Contexte

La commune d’Andrézieux-Bouthéon, à 13 kilomètres au nord ouest de Saint Etienne, regroupe environ 9 800 habitants. Sa croissance démographique est régulière et va se poursuivre avec la création d’un nouveau quartier. Son territoire se caractérise par une dynamique économique mais également par la présence d’une population en grande fragilité (présence d’un foyer d’urgence, d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile, une part importante de logements sociaux).Plusieurs partenaires sociaux sont présents sur la commune : Pôle emploi, Caisse d’Allocations Familiales, Direction de la vie sociale du conseil général, centre social…
La culture de travail en réseau est entretenue par le service politique de la Ville et le CCAS pour la mutualisation des moyens et une meilleure complémentarité et efficacité des interventions sociales.

Le projet de création d’un pôle des solidarités s’inscrit dans ce cadre. L’objectif de sa création a été de répondre à la demande ponctuelle d’associations comme la toute nouvelle association de « l’Epicerie solidaire des 4 ponts », portée par des bénévoles formés pour la gérer.
Ils rencontraient des difficultés pour monter le projet, trouver des partenaires et un local adapté pour son ouverture. Parallèlement, les restaurants du cœur étaient en recherche d’un nouveau local.

Une proposition a alors été faite aux associations caritatives qui œuvraient sur la commune : Secours catholique, Secours populaire, Restos du cœur, de se regrouper en un même lieu et d’y associer l’épicerie solidaire qui pourrait ainsi débuter son activité.

Description / Fonctionnement de l'action

A travers ce projet, le CCAS souhaitait mettre en place un réel projet collectif autour des interventions caritatives des associations en les regroupant pour permettre d’offrir :
- aux usagers, un lieu unique facilement identifiable, valorisant et convivial, 
- aux bénévoles et professionnels des locaux fonctionnels avec des moyens mutualisés, 
- aux associations, un lieu de rencontre, pour les accompagner vers une cohérence et une complémentarité des interventions, 
- aux partenaires extérieurs, un lieu d’échange avec l’ensemble des associations pour faciliter l’orientation et la prise en charge des usagers, 
- une dynamique d’actions collectives.
Ainsi à l’image d’une « pépinière d’entreprises » a été créé ce qui pourrait être qualifié de « pépinière d’associations ».

1. Montage du projet de l’épicerie solidaire

Le CCAS et le service politique de la Ville accompagnent le projet depuis son ouverture.

2. financement et aménagement d’un bâtiment neuf de 1100 m2 pour les quatre associations

La localisation du pôle des solidarités facilite l’accessibilité au plus grand nombre. Il est proche du centre d’hébergement d’urgence, du centre d’accueil de demandeurs d’asile, d’un quartier composé majoritairement de logements sociaux et d’un futur quartier novateur en termes de développement durable.

Il accueille en un même lieu quatre associations : l’épicerie solidaire des 4 ponts, les Restos du cœur, le Secours catholique et le Secours populaire.

Chacune a été consultée sur les aménagements spécifiques à ses activités : lieu d’accueil, bureau, magasin, espaces de stockage, chambre froide, portails de livraison… pour faciliter la logistique et le fonctionnement.
Le pôle des solidarités dispose :
- de quatre espaces distincts de 200 m² mis à disposition de chaque association, 
- de parties communes : un hall d’accueil lumineux et vaste, propice à la rencontre. Il peut recevoir des expositions thématiques, une cuisine équipée en électroménager et mobilier, deux bureaux pouvant être réservés par les associations et les partenaires pour recevoir le public, organiser des activités (ateliers estime de soi : coiffure, esthétique…).

3. Un concours « proposer un nom pour le pôle des solidarités » a été lancé par le CCAS

Ouvert aux usagers, aux bénévoles et aux professionnels, le concours avait pour but de permettre à tous de s’approprier ce lieu, d’en valoriser l’image. Le jury a choisi parmi plus de soixante dix propositions l’appellation « pôle des solidarités les 4 épis » qui illustre par le blé nourricier la prospérité, l’épanouissement, le partage sur des valeurs simples et communes. Le logo est un bouquet de 4 épis : chacun a une couleur différente pour représenter une association.
Il était important de symboliser le respect de la spécificité de chacune, mais aussi, l’harmonie et le résultat de l’union de leurs actions respectives.

4. Une assistante sociale du CCAS assure une permanence hebdomadaire auprès des associations

Initialement positionnée pour rencontrer le public si besoin, il s’est avéré rapidement que les bénévoles étaient très demandeurs d’un appui professionnel par un travailleur social. Seul un rapprochement géographique des associations permet ce type d’intervention. Ainsi au fur et à mesure des questions des bénévoles, une réponse technique leur est apportée.

5. Des réunions sont organisées entre les associations et avec les partenaires extérieurs

Cet autre volet est également un élément clé du projet. Les partenaires qui orientent les usagers (tels le conseil général, la Caisse d’allocations familiales, le foyer d’accueil d’urgence, le centre d’accueil des demandeurs d’asile…) avaient du mal à rencontrer l’ensemble des intervenants des associations. Le lien n’était pas fait auparavant sur la complémentarité et la cohérence des actions : chaque association œuvrait chacune sans connaissance de ce que faisaient les autres. Il n’y avait pas de lisibilité sur les réponses apportées à l’ensemble du public, sur l’évolution de ses besoins, sur les compétences et les modes d’intervention.

Bilan

Les points positifs : 
L’appropriation des lieux s’est faite rapidement aussi bien par les bénéficiaires que par les bénévoles et les partenaires. Rapidement identifiés comme un lieu convivial et fonctionnel, les espaces collectifs sont particulièrement appréciés. La cohérence apportée dans l’accompagnement par un réseau de partenaires coordonnés autour du pôle entre les différentes institutions, le CCAS et les associations.
Le caractère innovant reconnu de cette structure (à notre connaissance, aucun autre lieu similaire n’existe sur le département) qui a d’ailleurs donné lieu à des visites de communes voisines.Les difficultés rencontrées : 
Le travail collectif entre les quatre associations a été difficile à se mettre en place. Elles doivent apprendre à se connaitre et à respecter leurs valeurs. Leurs bénévoles manquent parfois de temps à consacrer aux actions communes.

Moyens

Moyens humains : 
- 1 assistante sociale du CCAS pour les permanences hebdomaires,
- la responsable du CCAS et la directrice de la politique de la Ville pour le soutien logistique, technique et administratif, 
- les services techniques municipaux pour la veille technique du bâtiment, 
- des bénévoles.

Coût : 11 380 euros de charges de fonctionnement et 91 170 euros d’investissement sur le bâtiment.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Les 4 associations : Epicerie solidaire des 4 ponts, les Restos du cœur, le Secours catholique et le Secours populaire.
Le foyer d’urgence Aralis, le conseil général de la Loire, la CAF, le centre d’accueil demandeurs d’asile Pierre Valdo, Casa lieu d’accueil intergénérationnel communal, la mission locale, le centre social, les communes adhérentes.

Ils financent l'action

La construction du bâtiment et son fonctionnement sont à la charge exclusive de la commune d’Andrézieux-Bouthéon. Le mécénat et certaines communes pour le fonctionnement de quelques associations.

Les observations du CCAS/CIAS

Une stagiaire en licence professionnelle « intervention sociale et solidaire pour un développement durable » a constaté sur place le fonctionnement de la structure, rencontré les associations et les partenaires extérieurs. Son étude a confirmé le caractère innovant et l’intérêt de ce projet qui a permis d’améliorer et de développer :
- l’accueil des usagers : le lieu est valorisant, familier, accueillant, stimulant, 
- les conditions d’intervention des bénévoles et professionnels des associations sont bonnes grâce à des locaux fonctionnels, 
- la reconnaissance et la valorisation de l’action bénévole, 
- l’organisation d’une cohérence et d’une complémentarité des interventions : leurs permettre de se côtoyer, de se connaître, de se respecter dans leurs diversités, 
- l’échange entre les partenaires extérieurs et l’ensemble des associations pour améliorer la lisibilité de leurs actions respectives (aide d’urgence, aide alimentaire, vestimentaire, logement…), 
- la mise en place d’actions partagées : la dynamique d’actions collectives impulsée par le CCAS a été relayée par les bénévoles : des ateliers cuisine, des sorties (exemple : cueillettes de mures suivies de confection de confitures), ateliers d’estime de soi, goûter de Noël, sorties culturelles et récréatives…

Photo : Wikimedia Commons / DocMuséo

Retour en haut de page