J'ai compris, mais plus tard...
Fiche d'expérience

Les ateliers convivialité

Les ateliers convivialité

Contexte

A l’occasion d’un diagnostic réalisé par l’association régionale pour l’amélioration des conditions de travail (ARACT) Haute Normandie en 2009, les aides à domicile ont fait remonter les difficultés suivantes :
- des temps de rencontres collectives insuffisants,
- un cadre pour faire face aux situations difficiles insuffisamment délimité.En effet, le service d’aide à domicile (SAD) a emménagé en 2009 dans de nouveaux locaux regroupant le service action sociale et gérontologie. De ce fait, les aides à domicile ont dû faire face à des changements d’horaires d’ouverture des locaux et à un service accueil, alors qu’auparavant, elles « passaient » au service à tout moment et rencontraient immédiatement l’interlocuteur souhaité.
De plus, travaillant seules au domicile, elles souhaitaient pouvoir se retrouver plus souvent en réunion pour partager et échanger sur leur pratique professionnelle, évoquer les moments éprouvants, mais aussi se voir pour des rencontres conviviales.

De cet état des lieux (plus large que les 2 points cités ci dessus), a découlé un plan d’actions sur 3 ans, incluant la mise en place d’ateliers convivialité au cours de l’année 2010, afin d’une part de travailler sur la dimension collective et, d’autre part, harmoniser les pratiques en apportant des outils tels que des fiches de recommandations.

Description / Fonctionnement de l'action

Les ateliers convivialité sont des temps de rencontre d’environ 1h30. Ils se déroulent sur le temps du déjeuner et sont proposés aux professionnelles volontaires. Chacun amène et partage son repas, le service offre le dessert et les boissons. Ce temps convivial permet de resserer les liens entre les aides à domicile qui ont peu d’occasion de se retrouver pour discuter. Un thème défini à l’avance est abordé sous forme d’échanges de pratiques entre aides à domicile. Ces rencontres sont co-animées par l’équipe d’encadrement du service.Le groupe est limité à une dizaine de participants. Le principe : un groupe suit un thème sur 3 ou 4 séances, puis un autre thème est proposé. Une liste de thèmes est proposée et enrichie à la demande des aides à domicile.
En 2010, le décès inattendu d’un bénéficiaire a été abordé . En 2011, c’était l’accompagnement de fin de vie et la dénutrition.
Les débats portent sur les pratiques des unes et des autres, le comportement possible à adopter, les difficultés rencontrées, la marche à suivre.

Un outil est ensuite conçu à partir de ces échanges : la fiche pratique de recommandations, reprenant l’exposé de la situation, les réactions possibles de l’aide à domicile, l’analyse du problème, les personnes à alerter et le suivi à réaliser. Cette fiche est remise à l’ensemble des aides à domicile, y compris celles qui n’ont pas participé aux ateliers.

Bilan

Si toutes les aides à domicile ne sont pas volontaires pour participer à ces ateliers, certaines y reviennent à chaque fois, et les groupes sont toujours complets. Douze d’entre elles ont contribué par leurs propos à l’élaboration de trois fiches remises à l’ensemble des aides à domicile. Ce travail est à la fois enrichissant et valorisant pour elles. Il donnera peut-être envie aux autres de participer aux ateliers ultérieurement. Le temps convivial est très apprécié. Chacune fait déguster à l’autre une de ses préparations culinaires, on s’échange des recettes, des adresses, on se parle de sujets légers…
Chacune s’exprime à hauteur de ce qu’elle souhaite, ce qui permet de constater qu’elles ne sont pas seules à rencontrer des difficultés, à se poser des questions.
Ces échanges oraux et les fiches de recommandations écrites participent à l’amélioration des pratiques et à leur uniformisation pour un traitement des bénéficiaires équitable. C’est un pas vers la professionnalisation du service.

Il est à noter que ce dispositif est encouragé par l’ARACT. L’association a en effet mentionné cette action dans son guide « améliorer les conditions de travail dans les services à la personne », et dans sa revue nationale « Travail et changement », en 2011. Le CCAS a par ailleurs sollicité une rencontre avec la CARSAT afin d’obtenir un soutien financier en 2012 dans le cadre des actions remarquables (domaine de la prévention des risques et de la pénibilité au travail). Le CCAS est actuellement à la recherche de financements pour que désormais les aides à domicile soient payées pour cette contribution apportée au service. A ce jour, c’est le seul frein rencontré pour mener à bien ce dispositif.

Moyens

Moyens humains :
- les 2 responsables de service pour l’animation de l’atelier,
- 10 aides à domicile volontaires.Budget :
Pour débuter cette action, il a été convenu que les aides à domicile et l’équipe d’encadrement réaliseraient cette action sur leur temps de pause du midi. Les temps de réunions obligatoires sont rémunérés, mais dans ce cadre, les ateliers sont basés sur le principe du volontariat. Pour ces 3 thèmes, la dépense n’a donc porté que sur des frais d’alimentation, soit 5 euros par atelier.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Aucun

Ils financent l'action

Aucun

Les observations du CCAS/CIAS

Il s’agit d’une démarche permettant d’améliorer :

  • la qualité du service rendu aux bénéficiaires,
  • les conditions de travail et la lutte contre le stress au travail,
  • une cohésion d’équipe.

Cette action est simple à mettre en œuvre, facilement transposable.

Elle présente aussi l’avantage de « rapprocher » les aides à domicile, de libérer la parole, et de réduire la distance entre ces dernières et l’encadrement.

Les entretiens annuels d’évaluation des agents ont permis de vérifier que cet outil est apprécié et a été utilisé. Les agents remplaçants sont également en demande de ces fiches de recommandations pour une meilleure intégration des savoir- faire du SAD et un moindre isolement face aux situations difficiles.

Photo : http://www.letrait.fr / Droits réservés

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