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Fiche d'expérience

Lutte contre la fracture numérique et aide à l’acquisition d’un ordinateur pour les populations vulnérables

Lutte contre la fracture numérique et aide à l'acquisition d'un (...)

Les publics les plus fragiles sont particulièrement touchés par la fracture numérique qui s’est installée au fil du temps. Plusieurs facteurs spécifiques et/ou cumulatifs constituent de véritables freins à l’insertion sociale et/ou professionnelle de personnes parfois inscrites dans des parcours d’insertion et dont les ressources disponibles pour lever ces freins sont peu importantes, voire inexistantes. Il est important de rappeler que le non-accès aux moyens de communications numériques fixes et mobiles est un facteur aggravant d’exclusion et un frein réel à l’insertion.

Contexte

Aujourd’hui, 77 % des Européens déclarent ne plus pouvoir vivre sans un accès quotidien à Internet ; en France, le Conseil constitutionnel à fait d’Internet une composante essentielle de la liberté d’expression, considérée comme un droit fondamental… et pourtant 57 % des Français ayant des revenus inférieurs à 900 euros/mois ne sont pas équipés d’Internet à domicile.
Ainsi, le fossé de l’accès aux télécoms qui se manifeste à la fois par une moins bonne connaissance des outils numériques et par le sous-équipement des foyers, ne cesse de se creuser. Or, subir ce fossé éloigne plus encore du marché du travail, distendre les liens sociaux et avoir une possibilité de s’informer nettement restreinte.
Les pouvoirs publics ont pris conscience de l’importance de ces outils dans un contexte de précarité, mais la connaissance des besoins réels des personnes demeure en général incertaine.Les publics vulnérables utilisent aussi les technologies de l’information à partir de leur téléphone mobile ou d’un accès à internet fixe.
Il important de rappeler que le non accès aux moyens de communications numériques fixes et mobiles et un facteur aggravant d’exclusion et un frein à l’insertion.
Les difficultés rapportées par le CCAS dans le cadre de ses actions témoignent de l’impact très concret de la dégradation du contexte socio-économique actuel sur les conditions de vie des ménages et les obstacles croissants que ces derniers rencontrent.
Selon le diagnostic territorial effectué par le CCAS en 2014, à Bagnolet, 2 043 personnes perçoivent le RSA. Avec 259 dossiers RSA instruits en 2014 par le service de l’Aide Légale, le service Insertion/RSA quant à lui a effectué 1 844 entretiens sur 875 personnes accueillies.
Les bénéficiaires du RSA représentent 15 % de la population de Bagnolet, - près de 30 % sont des seniors (+ 50 ans)- 53 % des adultes (+30 à 50 ans)- 17% des jeunes adultes (17-30 ans) 
C’est pourquoi, face à la montée des précarités constatée sur notre territoire, le CCAS dans le cadre de ses actions de proximité et de lutte contre l’exclusion souhaite pérenniser cette action sur 3 ans (2015/2017).

Description / Fonctionnement de l'action

Les objectifs de ce projet sont :• Repérage par le service insertion RSA des personnes allocataires et par le CCAS (SAR) des seniors bénéficiaires des minima-sociaux.Les bénéficiaires du dispositif sont repérés, orientés et accompagnés d’une évaluation sociale vers le service de l’aide légale.• Initiation et formation des bénéficiaires par le biais d’atelier informatique.Le service insertion RSA et la RPA possèdent un atelier informatique et c’est dans ce cadre que les formations sont organisées.• Dons d’ordinateur et subvention des abonnements à un opérateur internet.La remise des ordinateurs fixes ou portables est assurée par le service insertion RSA pour ce qui concerne les allocataires du RSA et par le SAR pour les séniors bénéficiaires des minima sociaux dons d’ordinateur Le service de l’aide légale instruit les demandes d’aide financière pour les bénéficiaires du dispositif.
A quel(s) besoin(s) cela répond-il ?Besoin de communication aujourd’hui incontournable dans un parcours d’insertion des personnes éloignées de l’emploi.- Lutter contre la fracture numérique liée au coût important de l’achat d’un ordinateur et de l’abonnement à un opérateur internet.- Lutter contre l’éloignement et l’isolement des séniors. - Le manque de formation de ces publics aux nouvelles technologies. 
Les résultats escomptés en lien étroits avec les objectifs généraux de cette action sont les suivants : • Permettre une implication et une redynamisation des publics résidant dans les zones prioritaires définies par le contrat de ville (50% en zone prioritaires) • Lutter contre l’exclusion liée à la fracture numérique par l’initiation et ou la formation à l’utilisation d’un ordinateur et à internet. (80 % autonome à l’utilisation de l’outil).
Mise en œuvre des actions de formation :1) Sessions de redynamisation3 demi-journées par semaine sur 2 mois : Formation sous forme d’Ateliers d’initiation et d’apprentissage informatique : 
2) stage intensif précarité numérique 3 jours / semaine sur une période de 1 mois.4 sessions de 12 à 15 personnes par an A la fin du stage les bénéficiaires configureront leur ordinateur et des accès à des sites favorisant la recherche professionnel et social (pôle emploi, CAF, sites privées emploi, intérim)
A la suite de ces stages et selon l’évaluation réalisée par les professionnels, le bénéficiaire reçoit un ordinateur portable et une aide financière pour l’accès à un abonnement internet (1 an abonnement).

Bilan

En 2014 cette action a permis de réduire la fracture numérique en permettant à des personnes, allocataires du RSA ainsi que pour le public seniors, de bénéficier d’ordinateurs et d’abonnement internet.Les principaux bénéficiaires concernés par cette action se situent dans la tranche des 25/44 ans (59.37%), de même leur profil prédominant est célibataire avec enfants (62.5%).
En 2014, 2 remises d’ordinateurs ont eu lieu.Une début novembre qui concernait 12 personnes et une fin décembre qui a touché 20 personnes.25 ordinateurs portables et 7 fixes ont été donnés et 22 aides financières d’un montant de 150 euros, pour l’accès à internet ont été attribuées.
Objectifs 2014 et résultats attendus :1) Repérage par le service insertion RSA des personnes allocataires et par le CCAS (SAR) des seniors bénéficiaires des minima-sociaux. - Résultat : Cet objectif a été atteint à 90 % 32 bénéficiaires du dispositif au lieu de 40 prévus initialement ont été repérés et orientés accompagnés d’une évaluation sociale vers le service de l’aide légale.
2) Initiation et formation des bénéficiaires par le biais d’atelier informatique.- Résultat : Cet objectif a été atteint à 100%L’ensemble des bénéficiaires s’est vu proposer par le biais de l’atelier informatique du service insertion RSA et la RPA une initiation et une formation à l’utilisation de logiciel et d’internet.
 3) Dons d’ordinateur et subvention des abonnements à un opérateur internet.- Résultat : Cet objectif a été atteint à 100%25 ordinateurs portables et 7 fixes ont été remis aux bénéficiaires du dispositif ainsi que 22 aides financières d’un montant 150 euros pour l’accès à internet ont été attribuées.

Conclusion et perspectives : Le projet, en partie financé par la communauté d’agglomération Est Ensemble dans le cadre du volet emploi CUCS, du conseil général de la Seine Saint Denis s’inscrit pleinement dans la politique de lutte contre la précarité et pour l’insertion professionnelle des publics éloignés de l’emploi inscrits dans une dynamique d’insertion. Les seniors ont pu acquérir une connaissance de l’outil et des possibilités de recherche sur internet qui sont un atout d’inclusion sociale pour les plus fragiles.Ainsi, comme le démontre le bilan 2014, se sont 51 personnes qui ont bénéficié de cette action (32 RSA et 15 seniors). Malgré les difficultés rencontrées, nous avons atteint tout ou partie de nos objectifs.

Perspectives 2015 : - Faire bénéficier 60 personnes de cette aide. - Engager un processus de pérennisation de l’action à l’appui d’une demande de subvention pluriannuelle au FEDER.- renforcer l’accompagnement par la mise en place d’ateliers de redynamisation 3 demi- journée par semaine sur 2 mois et de stages intensifs 3 jours par semaine sur 1 mois.

Moyens

Moyens humains : 
- le responsable de l’aide sociale légale et facultative (2 h/mois),- le responsable du projet ville du RSA de la Ville de Bagnolet (4 h/mois),- le pôle-GAOF (gestion et administration du projet 151 heures annuelles),- les intervenants informatiques (650 heures annuelles).
Moyens matériels : Locaux :Mise à disposition des locaux dans le cadre de l’initiation et la formation des bénéficiaires :L’atelier informatique du service insertion RSA (Centre de quartier Anne FRANK).L’atelier informatique de la résidence pour personnes âgées (La Butte aux Pinsons).
Pour les dons d’ordinateurs aux bénéficiaires :Réception organisée deux fois par an pour les dons des ordinateurs aux bénéficiaires Prêt de salle, buffet et collation.Communication municipale de l’opération. 
Coût de l’opération : Budget prévisionnel sur 3 ans (2015, 2016, 2017) de 259 050 euros (soit 86 650 euros / an)Le CCAS contribue sur ses fonds propres à hauteur de 21 325 euros/an. 

Les partenaires

Partenaires opérationnels

L’association TAE (Travailler et apprendre ensemble) pour la fourniture d’ordinateurs et l’accompagnement des bénéficiaires.Le SIPPEREC (Énergie et communications) dépositaire du dispositif (offre de tarif social),La Communauté d’agglomération Est Ensemble (mise en réseau avec les associations du territoire (TAE...). 

Ils financent l'action

Des subventions sont demandées auprès de la Région, du Département, de la Communauté d’agglomération Est Ensemble et des Fonds européens.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette action de lutte contre la précarité numérique devrait s’étendre aux communes limitrophes de Bagnolet. Le CCAS n’a pas rencontré de problème particulier pour la mise en œuvre de cette action depuis fin 2013, le travail collaboratif avec les différents partenaires associés (service RSA de la Ville) mais aussi l’association TAE ont permis de réaliser très vite cette action, cependant, il serait souhaitable dans les années à venir de mieux anticiper le « repérage » des bénéficiaires. Il est important de noter qu’un suivi des bénéficiaires tout au long du parcours de formation (initiation à l’informatique et bureautique) jusqu’à la sortie du dispositif devrait être développé. 

Photo : Wikimedia Commons / Grook Da Oger

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