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Fiche d'expérience

Soutien à la création et la gestion de micro-entreprises

Soutien à la création et la gestion de micro-entreprises

L’exercice d’une activité économique indépendante est l’un des meilleurs moyens pour les gens du voyage d’échapper à une situation de grande pauvreté.

Cette action n’est plus portée par le CCAS/CIAS.

N’hésitez pas cependant à vous inspirer de cette fiche pour imaginer un projet similaire.

Contexte

Le régime de la micro-entreprise est une des réponses possibles pour sortir de l’impasse du travail au noir (contrôle de légalité, amendes, pas de publicité, peu de clientèle...).
Accédant à cette information, les voyageurs y sont pour la plupart favorables. Il s’agissait donc d’activer un réseau opérant en termes de réflexion quant à cette particularité pour trouver une réponse adaptée face aux problèmes d’accompagnement des créateurs de micro-entreprise (en prenant en compte le fort taux d’illetrisme caractéristique de cette population), afin d’encourager les voyageurs dans leurs initiatives économiques légales.

Description / Fonctionnement de l'action

* Action expérimentale de dix-huit mois (de janvier 2005 à juin 2006) pour un effectif de onze personnes suivies.
Permanence d’un conseiller ADIE une journée par semaine (accueil et information sur la création d’entreprises, accompagnement individuel à la création, suivi post-création, financement éventuel de la création),
* Action de soutien à la création et à la gestion de micro-entreprises pour un effectif de 20 suivis, dans une logique de flux.

* Travail de grande proximité entre l’assistante sociale référente gens du voyages du CCAS et le conseiller,
* Création d’un comité technique (cinq membres permanents et initiations suivant les thèmes abordés).

Bilan

En trois mois d’expérimentation, l’effectif est complet (une créatrice pour dix créateurs), le phénomène de « bouche à oreille » étant extrêmement efficace,
* Mobilisation satisfaisante des partenaires en terme de participation aux comités techniques,
* Travail engagé au sein du comité de pilotage pour déterminer les facteurs d’évaluation de l’action en l’occurrence :
- Des grilles d’évaluation ont été créées pour mesurer l’utilisation des outils (carnets de compte, cahiers de classements où les logos des partenaires sont mis en exergue afin de faciliter l’identification des financeurs pour les personnes illettrées).
- Des recueils d’avis de l’ADIE, du travailleur social et des bénéficiaires eux-mêmes sont également prévus pour mesurer la prise en compte par le réseau des spécificités de ce public.
- L’impact en terme d’accès à la citoyenneté (ces bénéficiaires vont désormais cotiser, payer des impôts...) et en terme d’économie de dépenses sociales (au titre du RMI notamment) sera également évalué.
* Frustration induite pour les voyageurs ne pouvant accéder à l’accompagnement par manque de place. Importance de la phase expérimentale avant d’étendre l’action à un effectif plus important en juin 2006.

Moyens

Moyens humains : un conseiller ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), l’assistante sociale « référente gens du voyage » du CCAS, la coordinatrice du projet social d’accueil des gens du voyage de la Ville de Brest.
Moyens financiers
CCAS de Brest : 500 euros
Service emploi-insertion Brest métropole océane : 6 000 euros
Conseil Général du Finistère : 14 000 euros

Les partenaires

Partenaires opérationnels

CCAS de Brest (pilotage), ADIE, conseil général du Finistère, Chambres des Métiers de Brest, Chambre de Commerce et d’Industrie de Brest, DDTE du Finistère, Sous-préfecture de Brest, Brest Métropole Océane Communauté Urbaine, contrat de Ville, organismes payeurs, URSSAF, Organic, AVA.

Ils financent l'action

Conseil général du Finistère, service emploi-insertion Brest métropole océane, CCAS de Brest.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette expérience cherche à répondre à une réalité économique et culturelle des gens du voyage. Elle forme et mobilise un partenariat qui n’a pas forcément l’habitude de s’engager dans une démarche de projet avec les structures à caractère social (ex : organismes payeurs). Elle permet d’encourager les voyageurs dans leurs initiatives économiques légales, d’harmoniser les pratiques en s’inscrivant dans un réseau régional (incluant des structures des quatre départements bretons lors de la démarche exploratoire) et de ce fait, de prendre en compte les principaux axes de déplacement des gens du voyage.

Elle permet de rencontrer dans un contexte positif les hommes adultes voyageurs et d’engager avec eux une réflexion plus large sur leur situation (illettrisme : devis, factures, santé : utilisation de produits toxiques, saturnisme...). Elle provoque une reconnaissance des savoir-faire et induit une réflexion sur l’accès à la formation et la « validation des acquis et de l’expérience », essentielle pour la pérennisation des activités économiques des gens du voyage.

Photo : Wikimedia Commons / Thesupermat

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